Cher lecteur, avant même de
commencer ce billet (que j'ouvre traditionnellement pas une citation de
chanson), je préfère te mettre en garde :
Si tu n'aimes pas l'optimisme
acharné avec une pointe de bisounourserie, ne perd pas ton temps à lire la
suite.
Dans le cas contraire...
"Are you ready to jump? Get ready to jump, don't ever lookback, oh baby. Yes, I'm ready to jump, just take my hands. Get ready to... are you ready ?" (Jump, Madonna)
(Es-tu prêt à faire le grand saut ?
Prépare-toi, ne regarde pas en arrière. Oui, je suis prêt à faire le grand
saut, prends juste ma main. Prépare-toi... tu es prêt ?)
Ne pas regarder en arrière, c'est
difficile. Surtout pour prendre un peu de recul sur sa propre trajectoire.
Parce que des "grands sauts" on en fait régulièrement, même sans s'en
rendre compte.
J'avais déjà commencé un peu lors
de "l'épisode 1" de l'effet papillon.
C'était en 2012.
Nous sommes en 2015, et l'effet
papillon s'est poursuivi.
Flashback.
"Because the friendship that you gave
has taught me to be brave, no matter where I go I'll never find a
better prize" (Together
in electric dreams, Phil Oakley et Giorgio Moroder)
(Parce que l'amitié que vous m'avez
donnée m'a appris à être courageux, peu importe où je vais, je ne trouverai pas
de meilleur récompense)
J'avais arrêté mon billet à l'aube
de l'opération #PrivésDeDéserts. Pardon pour ce côté nombriliste, mais je vais expliquer
l'effet papillon qui est intervenu dans ma petite existence, et je me garderai
de parler de politique ici.
Etant l'un des
"non-anonymes" parmi les 24 blogueurs, j'ai accepté avec plaisir de
répondre aux sollicitations d'interviews visuelles.
Un mardi matin (l'empereur, sa femme et le petit
prince...) au beau milieu de
mes visites à domicile, je reçois un coup de téléphone de ma secrétaire.
"Bonjour Docteur. J'ai eu un
coup de téléphone de Benoît Thévenet qui dit être du Magazine de la Santé de
France 5. Il voulait votre numéro de portable. J'ai refusé de le lui donner.
Alors il a demandé que vous le rappeliez au 06...."
Oui, j'ai la chance d'avoir deux
secrétaires qui appliquent à la règle les consignes : on ne donne pas le numéro
de portable aux non médecins. Bon, ok, j'aurais dû écrire une liste
d'exceptions avec le nom de Benoît Thévenet dessuss. En même temps, je ne
m'attendais pas à son appel.
Je me suis garé dans une rue de
Tourcoing (oui, parce que mon esprit a la fâcheuse tendance à mémoriser des
détails vachement importants...) et je l'ai rappelé.
Il voulait savoir s'il était
possible que j'intervienne dans l'édition du jour du Magazine. Etant en
banlieue lilloise, cela faisait un peu juste pour venir en plateau, et nous
avons convenu de réaliser une interview par webcam.
J'ai donc fini mes visites, je suis
rentré chez moi et j'ai répondu présent à cette interview depuis... ma cuisine
(oui, ça ne se voyait pas sur la vidéo, mais c'était la pièce la plus éclairée
et neutre qui captait mieux le wifi...)
Quelques mois plus tard, il prépare
avec son équipe un documentaire d'Enquête de santé sur la médecine générale et
me demande si j'accepte de répondre à quelques questions de Claire Feinstein.
J'accepte avec plaisir, et je
profite d'une réunion ministérielle à Paris pour faire un crochet par leurs
studios.
L'interview se passe bien (même si
je suis un peu stressé et que j'ai un peu chaud) et le documentaire
qui en résulte était vraiment
bien construit (je vous vois venir : non, ce n'est pas parce que j'y parle deux
minutes...)
Quelques jours plus tard, nous
sommes au mois de juin, nouvel appel pour me proposer de participer à
l'enregistrement d'un numéro du Magazine de la Santé des vacances.
Enregistrement en juillet. J'accepte avec grand plaisir. L'idée de faire une
émission de télé, je trouve ça génial (et mes enfants sont persuadés que du
coup je participerai à Fort Boyard).
L'enregistrement a lieu en juillet,
avant de le débuter, Benoît me dit en clin d'oeil "Je suis
désolé je ne peux rien faire pour Fort Boyard".
Sur le plateau, je fais la
connaissance d'une chroniqueuse, et d'un médecin urgentiste.
Pendant l'enregistrement qui se
passe "dans les conditions du direct", un reportage passe le message
que dans une trousse de vacances, c'est bien d'avoir de l'ibuprofène en cas de
fièvre.
"Non, non, tout mais pas ça,
tais-toi, tais-toi donc, ne raconte pas ça !" (Tout mais pas ça, L'Affaire
Louis Trio)
Je croise le regard de l'autre
médecin et d'un coup d'oeil je vois que nous sommes d'accord : PAS D'ANTI
INFLAMMATOIRE en cas de fièvre sans avis médical.
Benoît nous fait donc intervenir à
la fin du reportage.
Il a l'air bien sympa ce médecin
qui a un nom de famille aussi compliqué que le mien visiblement.
L'enregistrement se termine. Petit
selfie pour l'occasion avec mes collègues d'une émission.
Je remercie Benoît, et l'autre
médecin. Un certain Gérald Kierzek. C'est sympa de discuter avec un urgentiste qui
dit que nos métiers sont vraiment complémentaires.
Le soir même, j'envoie un tweet de
remerciement de m'avoir fait vivre cette expérience.
Et nous avons continué à échanger,
partager nos visions, au point d'imaginer des projets de travail en commun qui
prendront forme un jour prochain, j'espère.
"Popular, I know about popular : it's not about
who you are or your fancy car. You're only ever who you
were. Popular, I know about popular, and all that you have to do, is be
true to you. That's all
you ever need to know" (Popular
song, Mika)
(La
popularité, je connais : ce n'est pas qui tu es ni la classe de ta voiture. Tu
ne seras jamais personne d'autre que celui que tu étais. La popularité, je
connais, et tout ce que tu dois faire, c'est être en accord avec toi-même.
C'est tout ce que tu as besoin de savoir).
J'écoute Europe 1 depuis des années. J'étais gamin quand, sur la route des
vacances, nous écoutions déjà Europe 1 sur les grandes ondes (celles qui
faisaient qu'on ne captait pas bien quand on passait sous un pont... et ouais...
je suis si vieux que ça pour avoir connu les Grandes Ondes avant la FM !)
En
grandissant, j'ai continué à écouter. A me réveiller avec cette radio.
J'écoute
aussi sur le trajet entre deux visites, le matin ou l'après-midi, ou sur le
trajet qui me mène à l'Université où je travaille également.
J'ai pris
plaisir à y entendre Gérald chez Jean-Marc Morandini dans "Le Grand Direct
de la Santé" parce que je trouvais que la vulgarisation médicale était
bien faite et claire.
Il me
semble important de faire passer des messages médicaux au grand public, sans
utiliser des termes compliqués qui nous donnent l'air vachement intelligents,
mais laissent les non-médecins sur le côté, alors qu'ils ont le droit de
comprendre les notions médicales.
J'avoue aussi qu'il m'arrive
pendant les émissions d'envoyer un SMS à Gérald pour commenter les chroniques.
Je me suis toujours demandé d'ailleurs si les portables ne gênaient pas trop la
prise de son.
Et un jour, il m'appelle en me
demandant si j'accepte qu'il donne mes coordonnées à Europe 1 pour tourner un
pilote en vue de peut-être devenir chroniqueur.
Heureusement qu'il n'a pas demandé
à ma secrétaire, elle aurait refusé de donner mon portable, n'ayant pas mis
Europe 1 sur la liste des exceptions.
Vous imaginez bien que j'ai
accepté, tout en restant très flegmatique quand j'ai reçu l'appel de Guillaume
Garnier (même si bon... bref... je vais passer le détail de ce que je faisais
quand j'ai reçu l'appel)... J'étais comme un gamin qu'on lâche dans un magasin
de bonbons une fois raccroché.
J'allais enregistrer un pilote à
Europe 1 ! Moi !
Parce que, de la famille Calaf',
celui qui a toujours été branché radio, et réussira à y entrer un jour j'en
suis sûr, c'est mon frangin.
Je suis allé faire le pilote. Nous
étions plusieurs à tenter pour plusieurs postes disponibles. J'y ai même croisé
un Twittos pas vu depuis un moment, et que j'étais content de revoir.
L'animateur était Thomas Joubert.
Celui qui sera aux commandes de l'émission tout l'été. Il nous a mis
complètement à l'aise et c'était une expérience très sympathique. (S'il lit ces
lignes, j'espère qu'il appréciera les références musicales très "Top50")
"Juste
une mise au point sur les plus belles images de ma vie" (Juste une mise au point, Jakie
Quartz)
Oui, petite mise au point, parce
que je vois venir certains d'entre vous.
Je parle d'Europe 1 en en faisant
l'éloge.
Et je commence ma première
chronique demain, lundi, à 11h.
Donc... ai-je un conflit d'intérêt
?
Alors, le plus naïvement du monde,
je vais devoir vous avouer que je vais demain sans même savoir si je serai ou
même combien je serai payé pour ce "job d'été".
Si je dis du bien de cette radio,
c'est que je l'écoute réellement, avec plaisir.
Cela me rend encore plus heureux
d'en faire partie, du coup.
Alors, bien sûr, je sais que je
dois m'attendre à pas mal de remarques, de tweets ou autres, sur le contenu de
mes chroniques, sur le fait que "Tu es généraliste et tu viens parler de
... (mettez ici
tout sujet qui peut sembler "anodin") au lieu de parler qu'en médecine générale nous
faisons aussi (mettez ici
tout sujet qui peut sembler être de la médecine noble)"
Je le sais. C'est inévitable.
Mais l'effet papillon de cette
première chronique demain... ce sera quoi ?
Un job d'été sans lendemain ? Un
participation récurrente au-delà de l'été ? Fort-Boyard ? (Pour faire plaisir à
mes zèbres s'ils me lisent)
Je n'en sais rien. Et à vrai
dire... je ne me pose même pas la question. Je vais prendre plaisir à aller à
Europe 1 pendant l'été. Je vais essayer de faire mon travail le mieux possible.
J'ai l'immense chance d'être
soutenu par ma femme (qui ne se fatigue pas encore trop de mon
hyperactivité...)
Et quoi qu'il arrive, j'aurai déjà
tellement de choses à raconter aux zèbres de mes zèbres !
Je ne suis pas un grand fan d'Europe1, mais pour toi, je serai prêt à faire une exception.
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Toutes mes félicitations !!!
B.